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Dimanche, 19 Juin 2011 11:55

Trois requérants d’asile renvoyés du foyer de séjour pour avoir demandé le respect de leur personne.

 

Trois demandeurs d’asile originaires d’Afrique subsaharien ont dû plier bagage pour rejoindre une autre Commune. La raison de ce transfert est l’envoi d’un courrier aux autorités communales par les personnes concernées pour attirer leur attention sur les traitements injustes et les propos à caractère raciste dont ils font constamment l’objet de la part de la responsable du centre d’hébergement.

Pour bien comprendre la situation, il y a lieu de parler des étapes par lesquelles doit passer tout migrant qui cherche l’exile en Suisse.

La procédure d’asile en vigueur comporte trois étapes majeures :

  • Le dépôt de la demande d’asile dans un centre d’enregistrement et de procédure CEP
  • L’attribution du requérant à un des 26 Cantons pour la poursuite du processus ou l’exécution du renvoi
  • La décision positive synonyme du droit de séjourner en Suisse, ou le rejet qui prépare le chemin du retour.


L’obtention ou le rejet de la demande d’asile peut-être décidé directement au CEP suite à une ou plusieurs auditions du requérant. En règle générale, l’intéressé est attribué à un canton dans lequel il séjourne temporairement ou durablement selon la réponse à la demande.
Là, se sépare le chemin des concernés; les personnes reconnues réfugiés au sens de la Convention de Genève, bénéficient des mesures d’intégration subventionnées par la Confédération pour une durée de cinq ans. Après cette période, il appartient aux Cantons de prendre le relai. L’intégration implique que la personne cherche son propre appartement, un emploi, apprenne la langue, les us et les coutumes de son Canton d’attribution et de la Suisse.

Certains cantons demandent que les nouveaux arrivants soient assimilés, c’est-à-dire qu’il adopte la culture de la Suisse et qu’ils « abandonnent » la leur. D’autres au contraire, soutiennent l’intégration en temps qu’une « sélection entre-cultures » qui revient à prendre le « bon » dans la culture de départ aussi bien dans la culture d’accueil.
Pour les personnes dont la demande d’asile est rejetée depuis la frontière ou après leur attribution à un canton, elles tombent sous le coup de l’aide d’urgence. Pour celles qui attendent la réponse définitive des Autorités, elles sont pour leur part hébergées dans des centres collectifs et transférés d’un lieu à un autre, selon des phases instituées par la structure sociale de prise en charge et selon les Cantons et les Communes.
Pour l’hébergement, la nourriture, l’habillement et le déplacement, les exilés perçoivent par semaine un montant compris approximativement entre 70 et 90 CHF selon les Communes et les Cantons. La Confédération indemnise les Cantons pour toutes les dépenses engagées en faveur des demandeurs et le montant avancé au titre de l’année 2009 et obtenu en moyenne par les Cantons et par jour pour tout requérant est de 54.30 (Assurance-maladie, hébergement, nourriture, habillement, frais dentaires, encadrement.)


On voit donc que la prise en charge des demandeurs d’asile se fait sur une base égalitaire, notamment indépendamment du sexe, de la couleur de peau et du lieu d’origine.
Le concept d’accueil peut-être différent d’une institution à une autre, d’une Commune à une Autre, d’un Canton à un Autre et d’une Région à une Autre (Suisse romande, Suisse alémanique et Tessin.) Ainsi, dans certains Cantons, des cours de langue et des programmes d’occupation sont organisés en faveur des demandeurs.
Les requérants travaillent par exemple dans un restaurant géré par l’institution d’encadrement et contribuent à son développement. En contrepartie, ils reçoivent un supplément au montant de base. Le maintien du centre de séjour est assuré par les occupants qui organisent le nettoyage des locaux selon un plan de travail.


Dans d’autres Cantons au contraire, les cours de langue et les programmes d’occupation n’existent pas. On entend que la personne ne reçoive d’abord une réponse positive à sa demande avant que l’accompagnement à l’intégration ne soit enclenché.
Dans les trois régions linguistiques de la Suisse voire quatre, l’occupation des dortoirs ou du foyer d’accueil dans son entier se fait sur la base des affinités culturelles, de la région ou du continent d’origine. Le but recherché est d’éviter le maximum de conflits possibles. À titre d’exemple, 2 à 4 personnes originaires de différents pays de l’Afrique de l’Ouest peuvent partager une chambre et 2 à 4 autres des Balkans peuvent occuper une autre.


Un foyer pour sa part peut être occupé par les gens de même couleur de peau. La gestion du centre et l’encadrement des occupants se fait par un travailleur social ou une équipe de travailleurs sociaux. Leur rôle est bien clarifié : veiller au bien-être des occupants.
La plupart de ces travailleurs sociaux assument cette tâche de façon exemplaire et il n’est pas rare que les requérants appellent affectueusement leur personne dirigeante « Maman», avant tout pour le respect qu’elle témoigne aux personnes dont elle en a la charge, pour son rôle de confidente, pour ses différentes soutiens moraux qu’elle apporte quotidiennement aux êtres humains meurtris dans leur corps et dans leur âme par les viols, les tortures, l’emprisonnement, la mort et qui sont forcés de quitter leur pays.
Pour ces assistants, le travail qui les concerne est avant tout un sacerdoce qu’il faut accomplir.
Pour d’autres au contraire, les requérants deviennent des individus à piétiner au mépris de toute lois. S’ils ne se substituent pas en policiers pour aider à l’arrestation et au renvoi des migrants déboutés, ils se muent en enquêteurs sur le bien ou le mal-fondé des demandes d’asile. Le pic de l’iceberg est que certains assistants sociaux n’hésitent pas à instituer une vraie discrimination « insidieuse ou déclaré » dans l’accompagnement des migrants.


Ainsi, il n’est pas rare de voir des requérants originaires d’Afrique subsaharienne par exemple occuper des chambres et des foyers de « dernière étage » sans eau chaude pour la vaisselle, sans câble radiotélévisé pendant que leurs camarades venant d’autres pays accèdent aux chambres et foyers « d’étage supérieure. » Les autorisations de visite médicale et d’autres aides ponctuelles sont également des fois pour eux un parcours de combattant.
Certains assistants sociaux n’hésitent pas à tenir des propos à relent d’odeur raciste contre les requérants d’asile de couleur, ce qui est le cas d’une responsable d’un centre d’accueil du Canton d’Argovie.
Selon une lettre adressée au Président du Conseil Communal par les occupants d’un des foyers, les requérants de couleur feraient quotidiennement l’objet de traitements humiliants par la responsable qui gère le centre. Exaspérés, ils ont décidé d’envoyer un courrier très respectueux au Conseil communal et solliciter son concours. Suite à leur demande, ils ont été convoqués à la commune ou ils se sont vus donner un « Hausverbot » synonyme de l’interdiction de séjour dans le centre et du transfert dans une autre commune.
À la question de savoir quelle issue les autorités communales réservaient à leur demande, la réponse d’une des personnes responsables est : « vous n’avez aucun droit. » Les victimes ont été convoyées ce jeudi, 10 février 2010 vers des structures qu’ils jugent moins confortables que leur lieu de renvoi, dont l’une est ironiquement dénommée « Guantánamo » par les demandeurs d’asile du Canton.
Notre association, dont le but est de contribuer à une coexistence pacifique entre les différentes communautés de la Suisse, déplore la gestion du centre en question, ainsi que les traitements qui y sont réservés aux occupants de couleur. Nous rappelons que les prestations sociales accordées aux demandeurs d’asile par la Confédération sont faites sur une base égalitaire et ne peuvent en aucun cas être l’objet de discriminations.


Pour cela, nous invitons les personnes qui encadrent les migrants à agir dans ce sens. À propos des comportements racistes révélés par les personnes concernées, nous-nous insurgeons contre de tels actes et interpellons la responsable ainsi que tout autre personne qui intervient dans l’accompagnement des requérants à jouer leur partition pour le respect de la dignité et du respect des personnes en détresse. Nous regrettons la manière dont le cas est traité par les autorités communales et invitons toutes les communes qui accueillent les demandeurs d’asile à décourager fortement tout acte et tout comportement qui ne respectent pas la personne humaine.


Nous reprenons cette phrase de la lettre envoyée au Conseil Communal par les victimes :
« Notre statut actuel de requérant d’asile ne fait aucunement de nous des sous-hommes, encore moins des hommes sans dignité» pour lancer un appel de tolérance, de solidarité et de respect envers les exilés et les migrants.

 


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